Un village suspendu entre calcaire et rivière
Il existe dans le Doubs quelques lieux qui semblent avoir été posés là par une main particulièrement attentive à la beauté des paysages. Mesmay est de ceux-là. Ce hameau minuscule, accroché aux flancs des falaises calcaires qui dominent la Loue, dégage une atmosphère d’une intensité rare. Les maisons en pierre grise, les ruines du château médiéval, les grottes et les points de vue vertigineux sur la rivière composent un tableau d’une cohérence parfaite entre nature et patrimoine humain. Mesmay dépend administrativement de Chouzelot, à 500 m à l’Est de Quingey.
Administrativement rattaché à la commune de Chouzelot (dont il dépend sur le plan administratif), le territoire de Mesmay s’étend sur 310 ha à 270 m d’altitude et compte 73 habitants — surnommés les Taquins. Le hameau est perché sur un éperon calcaire à 6 km au Sud-Est de Quingey, tandis que la Loue coule une cinquantaine de mètres plus bas, en contrebas des falaises. De ce promontoire, les panoramas sur les méandres de la rivière et sur les forêts environnantes sont parmi les plus beaux du canton de Quingey. La mairie de Mesmay tient des permanences les mardis de 16h à 18h.
Géographie : les falaises calcaires et la Loue
Le site de Mesmay doit tout à sa géologie. Les falaises sur lesquelles le village est perché sont typiques du plateau jurassien : du calcaire blanc à beige, fracturé et karstifié par des millénaires de dissolution par les eaux chargées en dioxyde de carbone. Ces processus géologiques ont creusé les grottes, modelé les surplombs et sculpté les parois qui définissent le paysage local.
En contrebas, la Loue forme à cet endroit un méandre particulièrement prononcé. La rivière, qui descend des hauts plateaux du Jura, creuse depuis des millénaires son lit dans les calcaires du Doubs. À Mesmay, elle bute contre un verrou rocheux qui la contraint à un détour de plusieurs centaines de mètres avant de reprendre son cours vers le nord. Ce méandre crée une péninsule naturelle, ceinturée par l’eau sur trois côtés, qui fut sans doute habitée et exploitée depuis des temps très anciens.
Les falaises et la végétation rupestre
Les parois calcaires de Mesmay abritent une flore remarquable, adaptée aux conditions extrêmes des falaises exposées au sud. Orpins, joubarbes, genévriers nains et plusieurs espèces d’orchidées poussent dans les fissures de la roche, parfois à quelques centimètres d’un à-pic vertigineux. Cette végétation rupestre, peu connue du grand public, intéresse les botanistes et les naturalistes qui fréquentent régulièrement le site.
La faune est également présente. Les faucons pèlerins nichent dans les parois les plus escarpées, profitant de la hauteur pour surveiller leurs territoires de chasse. En été, les martinets noirs décrivent des arabesques au-dessus des falaises. Dans la rivière, les truites, les chabots et les vairons fréquentent les eaux cristallines de la Loue.
Le village se situe sur les berges de la Loue.

Histoire médiévale : le château des sires de Mesmay
L’histoire humaine de Mesmay est aussi ancienne que la roche sur laquelle il est construit. Le site était habité et défendu dès le Moyen Âge, comme en témoignent les vestiges du château médiéval qui coiffent les falaises. Les sires de Mesmay étaient une famille noble implantée dans la vallée de la Loue, dont l’influence s’étendait sur plusieurs seigneuries des alentours.
La position du château, perché sur un éperon rocheux dominant la rivière, était stratégiquement idéale. Quiconque contrôlait Mesmay contrôlait le passage sur la Loue, à une époque où la rivière constituait l’une des rares voies de communication fiables dans cette région de plateaux boisés et de vallées encaissées. Les droits de péage perçus sur les bateaux, les marchands et les voyageurs constituaient une source de revenus substantielle pour les seigneurs locaux.
Les vestiges du château
Il ne reste aujourd’hui que des fragments du château médiéval de Mesmay. La tour principale, partiellement conservée, est intégrée dans les constructions modernes du village. Quelques pans de murs, des bases de courtines et des pierres de taille éparpillées témoignent encore de l’importance qu’avait jadis cet ouvrage défensif. Pour les passionnés d’histoire médiévale, la visite du village est l’occasion de reconstituer mentalement la silhouette du château depuis les sentiers qui le contournent.
Consultez Meteo Franche-Comte avant les sentiers des falaises.
La gastronomie locale peut etre degustee dans les auberges proches.
La grotte de Mesmay
La grotte de Mesmay est l’une des attractions naturelles les plus remarquables du canton de Quingey. Creusée dans les falaises calcaires par l’action karstique de l’eau au fil des millénaires, elle présente un réseau de galeries et de salles ornées de formations naturelles : stalactites, stalagmites, colonnes et draperies de calcite composent un décor souterrain d’une grande beauté.
La grotte est accessible en saison estivale grâce à des visites guidées organisées par des associations locales ou des prestataires spécialisés. La visite dure environ une heure et permet de comprendre le processus de karstification qui a façonné l’ensemble du paysage de la vallée de la Loue. La température à l’intérieur de la grotte est constante, autour de 12 degrés en toute saison — prévoir un vêtement chaud même par forte chaleur.
Pour les groupes scolaires, la grotte constitue un support pédagogique exceptionnel pour l’enseignement des sciences naturelles et de la géologie.
Sentiers et randonnées autour de Mesmay
Mesmay est un point de départ idéal pour de nombreuses randonnées dans la vallée de la Loue et sur les plateaux environnants. Le réseau de sentiers balisés permet des excursions de toutes difficultés, depuis la courte promenade familiale jusqu’à la randonnée sportive d’une journée complète.

Le sentier du belvédère
C’est le circuit incontournable de Mesmay. Depuis le village, un sentier monte rapidement vers le sommet des falaises. Le belvédère, aménagé avec des parapets de sécurité, offre une vue plongeante sur le méandre de la Loue, sur les prairies en rive opposée et sur les premiers contreforts boisés du plateau. Par temps clair, le panorama s’étend jusqu’à Quingey et au-delà. Ce circuit peut être réalisé en moins d’une heure aller-retour depuis le centre du village.
Le GR59 et la vallée de la Loue
Le GR59, grande randonnée nationale, passe à Mesmay. Ce sentier longe la Loue sur plusieurs dizaines de kilomètres, permettant de rejoindre Quingey au nord (environ 2 heures de marche) ou de s’enfoncer dans les gorges de la Loue en aval vers Ornans (plusieurs heures). La rivière Loue est un compagnon fidèle tout au long de ces itinéraires, offrant ses eaux cristallines et ses paysages changeants.
Faune et flore remarquables
Outre la végétation rupestre mentionnée plus haut, les environs de Mesmay abritent une faune et une flore d’une grande richesse. Les prairies du fond de vallée, encore gérées de façon extensive, accueillent en été des populations remarquables d’orchidées sauvages : orchis pourpre, orchis bouc, épipactis des marais et plusieurs espèces rares des pelouses calcicoles.
La Loue, classée en première catégorie piscicole, abrite l’une des plus belles populations de truites fario de France. Ces poissons, exigeants sur la qualité de l’eau, sont un indicateur fiable de la bonne santé de l’écosystème fluvial. La pêche est autorisée sous conditions d’adhésion à l’association agréée locale.
Accès à Mesmay et informations pratiques
Mesmay ne dispose pas de desserte en transports en commun régulière. L’accès en voiture se fait depuis Quingey par la D67, puis en empruntant la route communale vers Chouzelot et Mesmay. Le trajet dure environ dix minutes depuis Quingey. Un parking sommaire est disponible à l’entrée du village.
À pied ou à vélo, Mesmay est accessible depuis Quingey par le GR59 ou par un itinéraire cyclable longeant la Loue. Comptez environ deux heures de marche depuis Quingey. Il est conseillé de se renseigner sur les conditions d’accès à la grotte avant de planifier une visite, car les horaires d’ouverture varient selon la saison. Pour l’hébergement dans le secteur, consulter la page hébergement et tourisme du canton.